Les carreaux peints à la main sont des pièces de céramique émaillée dont le décor est appliqué au pinceau, couleur par couleur, sur l’émail cru, avant la cuisson définitive. C’est pourquoi il n’en existe pas deux identiques : le trait, la teinte et la brillance varient légèrement d’une pièce à l’autre. On les utilise en soubassement, en crédence de cuisine, dans les salles de bains, sur les fontaines et dans les patios, et ils se prêtent aux créations sur mesure.
Quelle différence entre un carreau peint à la main et un carreau imprimé ?
Sur le carreau peint à la main, la couleur est appliquée au pinceau sur la pièce émaillée, qui est ensuite cuite ; le carreau imprimé reproduit une photographie du décor par impression numérique ou par sérigraphie industrielle. À un mètre de distance, ils se ressemblent. De près, non.
Les indices qui permettent de les distinguer sans se fier à l’étiquette :
- Répétition exacte. Dans un carton de carreaux industriels, le motif se répète à l’identique. Sur le carreau peint à la main, chaque fleur se referme à sa façon et chaque trait a son propre rythme.
- Charge du pinceau. À contre-jour et au toucher, on perçoit l’épaisseur de l’émail : des zones où la couleur s’accumule et d’autres où le pinceau a entraîné moins de pigment.
- Bords du trait. Avec la cuerda seca, une ligne mate et sombre sépare les couleurs ; sur le carreau imprimé, le contour est net et régulier.
- Chants et revers. La pièce artisanale laisse voir son biscuit poreux, et l’émail s’arrête de manière irrégulière sur les bords.
- Variation de teinte. D’une fournée à l’autre, l’intensité du bleu ou du vert change. Ce n’est pas un défaut : c’est la preuve que l’émail a été appliqué à la main.
Comment peint-on un carreau à la main ?
Le décor est appliqué sur l’émail encore cru, et c’est le four qui le fixe : le pigment fond avec la glaçure et se retrouve protégé sous une couche de verre. Voici le parcours d’une pièce :
- Biscuit. L’argile est façonnée, séchée, puis cuite une première fois, ce qui la rend poreuse et stable.
- Émaillage. On la recouvre de l’émail de base, généralement blanc, qui servira de fond au décor.
- Report du motif. On le transfère sur la pièce avec un poncif — un gabarit perforé — et de la poudre de charbon, comme on l’a toujours fait, ou on le dessine à main levée.
- Peinture. On applique les oxydes métalliques au pinceau, couleur par couleur : le cobalt donne les bleus, le cuivre et le chrome les verts, le manganèse les bruns et les noirs.
- Cuisson. Deuxième cuisson, autour de 1 000 °C. Les oxydes, ternes et terreux à l’entrée du four, en ressortent avec leur couleur définitive.
- Tri. On écarte les pièces qui présentent des éclats d’émail et on regroupe les autres par nuance.
Cuerda seca
On trace le contour du décor avec un mélange gras chargé d’oxyde de manganèse. Cette ligne repousse l’émail et fait office de digue : elle empêche les couleurs de couler les unes dans les autres pendant la cuisson. À la sortie du four, elle est mate et sombre, comme le plomb d’un vitrail, mais sur une surface parfaitement plane.
Cuenca ou arista
Ici, la digue ne se peint pas, elle s’imprime : un moule presse l’argile encore tendre et laisse un relief qui sépare physiquement les couleurs. La technique s’est généralisée aux XVe et XVIe siècles à Séville, à Tolède et à Muel, et a supplanté la cuerda seca parce qu’elle permettait de produire beaucoup plus vite. Cette tradition reste vivante dans l’azulejo andalou, comme nous le racontons dans notre article sur les azulejos sévillans.
Peinture libre sur émail
Ni contour ni relief : le pinceau se pose sur l’émail cru, qui absorbe le pigment comme un buvard. Aucune correction n’est possible, et c’est pourquoi la main du peintre se voit autant. C’est la technique des grands panneaux muraux en céramique.
Quelles dimensions, quel poids et combien de pièces au mètre carré pour un carreau peint à la main ?
Le format du catalogue est le 10 × 10 cm, soit 100 pièces au mètre carré ; d’après les fiches produit, la pièce peut aussi être commandée en 15 × 15 cm. Le poids varie avec la charge d’émail et l’épaisseur du biscuit : parmi les modèles de 10 × 10 cm publiés, il va de 0,24 à 0,52 kg par pièce.


| Pièce | Référence | Dimensions | Poids unitaire | Pièces par m² |
|---|---|---|---|---|
| Carreau peint à la main Mod. Gamonal | AP31-07 | 10 × 10 cm | 0,52 kg | 100 |
| Carreau peint à la main Mod. Alquife | AP21-01 | 10 × 10 cm | 0,24 kg | 100 |
| Zellige Mjeddij | ZS02 | 10 × 10 × 1 cm | 0,16 kg | 100 |
| Zellige Mjeddij | ZS01 | 15 × 15 × 1,6 cm | 0,30 kg | 45 |
| Carreau de ciment | H06 | 10 × 10 × 1,5 cm | 0,35 kg | 100 |
| Cabochon en ciment | H07 | 7 × 7 × 1,5 cm | 0,25 kg | 205 |
Pour calculer la commande, multipliez les mètres carrés par le nombre de pièces au mètre carré et ajoutez la marge habituelle sur chantier pour les coupes et la casse, entre 5 % et 10 %. Avec des pièces peintes à la main, cette marge compte davantage : un réassort viendra d’une autre fournée et n’aura pas exactement la même nuance.
Peut-on poser des carreaux peints à la main dans un patio ou sur une façade ?
Oui : à la verticale et sur un support stable, c’est un usage traditionnel — soubassements de patio, fontaines et plaques de rue se réalisent ainsi depuis des siècles. L’émail scelle la face visible et la protège de l’eau et du soleil ; la précaution concerne le revers et les chants, qui restent du biscuit poreux.
La céramique artisanale absorbe une quantité d’eau non négligeable. Dans les procès-verbaux d’essais de nos matériaux, le zellige émaillé de 10 × 10 cm a donné un coefficient moyen d’absorption de 15,7 % et la terre cuite de 15 × 5 cm de 16,9 %, mesurés selon l’UNE-EN ISO 10545-3 (version espagnole de la norme EN ISO 10545-3), alors qu’un grès cérame ne dépasse pas 0,5 %. Les documents sont consultables dans nos procès-verbaux d’essais de laboratoire. Nous n’avons pas d’essai spécifique du carreau peint à la main, mais l’ordre de grandeur est celui d’une céramique poreuse émaillée : dans les régions où il gèle, utilisez un mortier-colle adapté à l’extérieur et ne laissez aucun vide sous le carreau, où l’eau pourrait se loger et geler.
Pour un sol extérieur, la réponse est différente. Le Code technique espagnol (CTE) exige, dans son document de base DB-SUA 1, une classe de résistance à la glissance selon l’usage, et un carreau émaillé brillant n’est pas un revêtement de sol antidérapant :
| Valeur Rd (PTV) | Classe | Où elle est exigée |
|---|---|---|
| Rd ≤ 15 | Classe 0 | Ne convient à aucune zone : le CTE exige au minimum la classe 1 |
| 15 < Rd ≤ 35 | Classe 1 | Zones intérieures sèches avec une pente inférieure à 6 % |
| 35 < Rd ≤ 45 | Classe 2 | Zones intérieures sèches avec une pente égale ou supérieure à 6 % et escaliers ; zones intérieures humides (entrées, salles de bains, cuisines) avec une pente inférieure à 6 % |
| Rd > 45 | Classe 3 | Zones intérieures humides avec une pente égale ou supérieure à 6 % et escaliers ; zones extérieures, piscines et douches |
Notre terrazzo hydraulique de 20 × 20 cm a atteint une valeur PTV de 59,5 à l’essai en conditions humides, soit la classe 3, selon le procès-verbal n° 4718. C’est le critère raisonnable pour un patio : le sol est confié à un matériau testé, et le carreau peint est réservé au soubassement, à la fontaine ou au banc, là où personne ne marche.
Quel résultat pour le patio de la maison de campagne avec le Mod. Gamonal ?
De Cáceres, on nous a envoyé les photos d’une fontaine en briques de terre cuite habillée de notre carreau peint à la main Mod. Gamonal (AP31-07), de la collection Toledo, dans le patio d’une maison de campagne. C’est exactement l’approche décrite plus haut : le carreau est posé à la verticale sur une maçonnerie de briques et le sol est réalisé dans un autre matériau.


Le Gamonal présente un décor floral en verts et blancs, et c’est précisément pour cela qu’il fonctionne dans ce patio : le vert de l’émail fait écho à celui de la végétation et le blanc du fond renvoie la lumière que la brique apparente absorbe. Avec un modèle plus contrasté, l’ensemble aurait fait concurrence aux plantes au lieu de les accompagner.
Merci à Mme Concepción, qui nous a envoyé les photos du projet terminé. Si vous menez une rénovation semblable, nous détaillons les critères propres à ce type de chantier dans notre article sur le choix des carreaux pour rénover une maison de campagne.
Quelles sont les collections de carreaux peints à la main ?
Le catalogue réunit plus de soixante modèles, répartis en plusieurs séries aux noms de villages, plus une série unie. Tous partagent le format 10 × 10 cm : on peut donc les mélanger dans une même commande sans problème de calepinage.
- Collection Granada (AP21). Entièrement en bleu et blanc, la palette classique de l’azulejo andalou : Alquife, Barcinas, Albuñol, Órgiva, Monachil ou Trevélez.
- Collection Toledo (AP31). Polychrome, avec des verts, des ocres et des tons miel : Gamonal, Torrijos, Mora, Oropesa, Ajofrín ou Illescas.
- Série AP41. Six modèles aux noms de villages majorquins : Petra, Escorca, Algaida, Manacor, Pollensa et Capdepera.
- Monocolor (AP01) et unis. Des pièces d’une seule couleur qui servent de fond, de cadre ou de respiration entre les modèles décorés.
Émaillés, ils conviennent aux pièces humides, cuisines et salles de bains comprises. Toute la gamme se trouve sur la page carreaux peints à la main, vasques et tuiles.
Comment associer plusieurs modèles en patchwork ?
Le patchwork alterne différents modèles du même format jusqu’à former une tapisserie sans répétition apparente. Avec le carreau peint à la main, il fonctionne très bien, car la variation de teinte entre les pièces, qui passerait pour un défaut dans une pose uniforme, devient ici tout l’intérêt de la composition.


Voici les règles qui fonctionnent le mieux pour le composer :
- Un seul format. Mélanger les modèles est facile ; mélanger les dimensions oblige à revoir le calepinage des joints et à couper des pièces décorées.
- Une couleur de liaison. Choisissez une teinte présente dans tous les modèles, même si ce n’est qu’en fond. Sans elle, l’ensemble ressemble à un carton vidé en vrac.
- Des pièces unies pour respirer. Intercaler des unis, un carreau sur quatre ou cinq, apaise le décor et fait baisser le prix au mètre carré.
- Une maquette au sol. Disposez les pièces avant de préparer la colle et photographiez-les : une fois au mur, impossible de revenir en arrière.
- Des surfaces délimitées. Il fait son effet sur une crédence de cuisine, un plan de travail, une table ou un pot ; sur toute une salle de bains, il finit par lasser.


La même idée peut se transposer au sol avec d’autres matériaux ; dans notre article sur les carreaux patchwork, nous passons en revue les associations qui fonctionnent le mieux. Si le carreau peint monte sur le mur, on choisit en général pour le sol un carreau de ciment au décor calme, qui ne lui fasse pas concurrence.


Comment les poser et les entretenir ?
La pose est celle d’un carreau de céramique classique, avec deux précautions propres au produit artisanal : les dimensions ne sont pas exactes au millimètre près et la teinte varie d’un carton à l’autre.
- Vérifiez que le support est plan, propre et sec : ici, aucune épaisseur ne permet de rattraper les défauts de planéité d’un mur.
- Ouvrez tous les cartons et mélangez-les avant de commencer. Poser carton par carton crée des taches de teinte sur le mur fini.
- Faites un calepinage à blanc de toute la surface et tracez les rangs. S’il s’agit d’un patchwork, photographiez la composition.
- Appliquez un mortier-colle à la spatule crantée, adapté au support et, en extérieur, résistant aux intempéries.
- Posez chaque pièce en lui imprimant un léger mouvement de rotation, sans frapper le chant émaillé, et laissez un joint de 1,5 à 3 mm : il absorbe les variations de dimensions du carreau artisanal.
- Jointoyez au coulis une fois le mortier-colle pris et retirez les résidus à l’éponge humide avant qu’ils ne durcissent ; secs, ils rayent l’émail.
- Nettoyez le voile final avec un produit neutre. La couleur du coulis change complètement le résultat : nous en parlons dans notre article sur le choix du coulis selon la couleur du carreau.
L’entretien est simple : l’émail est une couche de verre.
- Eau et savon neutre. Pas de nettoyants acides, d’esprit de sel ni de détartrants : ils attaquent le coulis et peuvent ternir les émaux.
- Pas de laine d’acier ni de poudres abrasives : elles rayent l’émail et lui font perdre son brillant.
- La face visible n’a pas besoin d’hydrofuge, contrairement à la terre cuite non émaillée.
- Gardez un petit surplus de la commande pour d’éventuels remplacements.
Questions fréquentes sur les carreaux peints à la main
Combien coûte un carreau peint à la main ?
Cela dépend du modèle, du nombre de couleurs, du format et du fait qu’il s’agisse d’un modèle du catalogue ou d’une création exclusive : une pièce unie et un motif polychrome qui demande plusieurs passages de pinceau ne coûtent pas la même chose. Indiquez-nous les mètres carrés, le modèle et le format, et nous vous préparerons un devis avec les délais.
Peut-on les poser au sol ?
En touche décorative, dans des pièces intérieures peu passantes, oui ; en revêtement de sol continu, non. L’émail brillant se raye sous les pas et ce n’est pas un matériau testé en glissance. Pour le sol, mieux vaut un carreau de ciment ou un terrazzo, qui atteint la classe 3 dans nos essais.
Puis-je commander un décor personnalisé ?
C’est un produit qui s’y prête, puisque le motif est appliqué pièce par pièce : plaques, numéros, frises ou dessins pour un projet précis. Le plus raisonnable est de partir d’une esquisse et de valider un échantillon avant de lancer la commande. Nous expliquons comment aborder une création sur mesure dans notre article sur la personnalisation des carreaux ; renseignez-vous auprès de l’atelier sur les conditions, les délais et les minimums de commande.
Pourquoi les pièces ne sont-elles pas toutes identiques ?
Parce que le décor est peint pièce par pièce et que l’émail se comporte différemment à chaque fournée, selon la place de la pièce dans le four. Les écarts de teinte, d’épaisseur du trait et de dimensions, de l’ordre de quelques millimètres, sont inhérents au produit et se compensent en mélangeant les cartons avant la pose.
Résistent-ils sur une façade ou une fontaine extérieure ?
À la verticale et bien posés, oui : c’est un usage traditionnel dans les patios, sur les fontaines et pour les plaques. L’émail protège la face visible, mais le revers reste de la céramique poreuse : mortier-colle pour l’extérieur, aucun vide sous le carreau et une prudence accrue dans les régions où il gèle.
En quoi se distinguent-ils du zellige ?
Le zellige est une argile marocaine émaillée et taillée à la main pièce par pièce, sans décor : tout son charme tient à sa glaçure irrégulière et à sa brillance inégale. Le carreau peint à la main porte un motif appliqué au pinceau sur un émail blanc. Nous expliquons ce qu’est la mosaïque zellige dans un autre article.
Si vous avez en projet un patio, une crédence de cuisine ou une fontaine, l’étape suivante consiste à voir les pièces en vrai : l’émail et le trait ne se jugent pas sur un écran. Écrivez-nous depuis la page de contact en précisant la surface et le modèle qui vous intéressent, et nous vous confirmerons les formats, les délais et les échantillons.

